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En président la clôture du séminaire gouvernement organisé par le Ministère de l’économie et des Finances, les 12 et 13 Juillet 2010, le Président de la Transition le Général d’armée Sékouba KONATE a profité de l’occasion pour jeter un regard rétrospectif sur l’évolution historique de la Guinée d’une part, et de l’autre, mettre en garde les acteurs politiques contre toutes velléités de remettre en cause les fondements de la nation guinéenne.
Parlant du contexte particulier de l’évolution de l’Etat Guinéen, le Président de la Transition a dit que le principal défi aujourd’hui est le rétablissement de l’autorité de l’Etat, longtemps bafouée ; et qu’à ce sujet, chaque Guinéen doit se soumettre à un minimum de scrupule, à la discipline, pour que ce grand malade qu’est l’Etat Guinéen recouvre sa plénitude, mais surtout que l’effort de développement national ne soit pas vain.
A propos de la Transition, le Président par Intérim a appelé l’ensemble des Guinéens à participer au processus de démocratisation dans l’entente et la sérénité, Général Sékouba KONATE « … Le scrutin qui vient de se tenir a été l’occasion d’affirmer la capacité de notre pays à relever les défis, mais donne aussi la pleine mesure de notre engagement à tous, à doter la Guinée après plusieurs années de retard et d’échec d’un Etat debout, fort, stable, respectueux de la liberté, de la dignité humaine, des droits de l’homme, et résolument tournée vers le progrès.
Cet Etat-là qui a tant manqué à la Guinée et que nous pensons, désormais est possible avec notre prise de conscience, l’expérience acquise depuis que nous sommes maîtres de notre destin.
Il y en a surtout l’horizon démocratique qui laisse entrevoir un Etat qui nous reconnaît et que nous reconnaissons aussi donc pleinement légitime et forcément stable et fort … »
Rappelant l’Etat dans lequel les Guinéens ont vécu, dans un passé lointain et récent, le Général Sékouba KONATE « … tout le long de notre histoire tumultueuse, nous avons tous aussi souffert du poids d’un Etat qui s’est comporté souvent à massacrer, que d’une absence dramatique qui fonde son mythe.
A notre époque, avec l’aspiration profonde des peuples du monde à toujours plus de liberté et de droit, quel type d’Etat pour concilier le besoin d’Etat et l’existence de liberté, plus d’Etat ou moins d’Etat… »
Revenant au thème du séminaire, le Général Sékouba KONATE a remercié les initiateurs de la rencontre et s’est réjoui des thèmes truités.
« …vous avez choisi un thème qui nous interpelle ici et maintenant pour gagner le pari d’une Transition réussie :
L’Etat Moderne au Service du Développement, Guinée, Transition d’un Etat Fragile vers un Etat Moderne et Stable… »
Le Président de la Transition a en suite défini ce que doivent être les relations entre l’Etat et les citoyens, et la manière dont les citoyens doivent choisir leurs institutions et leurs diligents, GENERAL SEKOUBA KONATE « …il appartient aux citoyens, de choisir leurs institutions et les personnalités appelées à les incarner pour parer à la crise de confiance entre la base et le sommet, et le manque de légitimité de l’Etat qui sont à l’origine de l’instabilité politique et de la précarité de nos institutions.
A cet égard, l’expérience guinéenne est une véritable école, un exemple pratique… après l’euphorie du vent de démocratisation qui a soufflé sur notre pays au début des années 1990, et l’espoir des premières élections pluralistes, la Guinée a été confrontée à une crise politique institutionnelle sans précédent.
Après les deux mandats du feu Général Lansana CONTE, le pays a attendu l’alternance, il s’est attendu à un changement parce que la constitution qu’il avait fait adopter lui-même, massivement par les Guinéens ne lui permettait pas de briguer un nouveau mandat.
Malheureusement une révision controversée a été opérée pour faire sauter le verrou constitutionnel et prolonger les jours d’un pouvoir que l’usure du temps et une vague de contestations avaient déjà sérieusement ébranlé.
Dès lors, il y a un grand recul démocratique et une rupture de confiance totale.
Le mandat qu’on pourrait qualifier de trop a été exercé dans la défiance et la méfiance. Ce qui a fragilisé la République et ses institutions, et miné profondément la société guinéenne en particulier ; une classe politique dépassée par les événements et péchant par un manque de cohésion en son sein.
Le fonctionnement de l’Etat, des institutions, de l’économie bref la gouvernance politique et économique a davantage souffert de la longue maladie du Président CONTE qui a occasionné une vacance de pouvoir avant la lettre et une profonde crise au sommet de l’Etat, caractérisée par la faillite des institutions, c’est le délitement de l’Etat, la défiance à l’encontre des autorités, de graves dérives économiques et financières … ainsi lorsque le Président CONTE a été rappelé à Dieu la question de la succession s’est posée avec acuité dans la mesure où la continuité de l’Etat que devait garantir nos institutions.
Si elle était reconnue et acceptée de tous, na pas été rendue possible des lors, l’armée était le seul recours pour maintenir les grands équilibres d’un Etat et d’une nation fragilisés par une querelle de légitimité, de succession, une série de crises politiques et sociales, mutineries militaires, grèves à répétition, la valse des décrets contradictoires … »
Le Général Sékouba KONATE a en suite rappelé les promesses de l’armée après la prise du pouvoir, à savoir l’organisation d’élections libres et équitables dans un délai court, afin que la Guinée connaisse une démocratie qui ne soit ni une comédie, ni une parodie.
Malheureusement, a constaté le Général Sékouba KONATE,les espoirs ont été vite déçus « …hélas, le mensonge et les travers que le nouveau régime s’était engagé à éradiquer de la société guinéens ont refait surface et nourri une ambition de pouvoir qui a provoqué le revirement de l’opinion nationale et internationale.
Un sentiment de méfiance est né entre l’autorité publique et les populations à la base.
Confronté à la grogne populaire et un acte de défiance frontal, sans expérience, ni légitimité, le pouvoir s’est livré à une répression sanglante dont il ne pouvait se relever et qui a été condamné à travers le monde … »
La tentative d’assassinat du Président du CNDD, capitaine Moussa DADIS CAMARA, les événements malheureux du 28 Septembre 2009 ont amené le CNDD à se retrouver le 6 janvier 2010 pour donner une autre orientation stratégique et une nouvelle impulsion à la transition en panne.
Cette démanche définie par le Général Sékouba KONATE comme « … un acte de rupture dans lequel se sont inscrits les accords historiques de Ouaga ; qui ont permis de renouer avec une transition apaisée, fondé sur le consensus et une participation de tous les leaders …>>
A ce sujet, il a cité les différentes institutions de la transition mises en place pour une durée, ne dépassant pas excéder six mois, avec deux objectifs principaux ; principaux ; l’organisation des élections et la restructuration des forces de Défense et de Sécurité.
Au sujet des élections, le Général Sékouba KONATE s’est réjoui de leur organisation malgré le délai jugé très court, et le respect du pacte républicain par les Forces de Défense et de Sécurité par leur neutralité face aux jeux politiques.
Il a demandé aux guinéens de se mobiliser pour que la transition tienne toutes ses promesses.
Pour le Général Sékouba KONATE « … l’armée est déterminée pour sa part à relever le défi en gardant sa sérénité actuelle et en redoublant de vigilance.
Elle ne Cédera ni à la Provocation, ni à la Tentation de se dédire en allant à l’encontre de notre Histoire et de notre Peuple.
Ma crainte, je dois l’avouer, dans notre quêté et conquête quotidiennes de notre démocratie et la volonté que nous partageons de jeter les bases d’un Etat viable et stable au.delà de l’enjeu immédiat des élections, tient à la lutte d’hégémonie que se livrent aujourd’hui les différents groupes politiques et ethniques du pays.
Tous les coups sont permis, la fin semble justifier les moyens, dans une bataille rangée où on ne respecte ni code, ni honneur, ni éthique, encore moins l’exigence de préserver l’unité de notre nation.
La stabilité de notre Etat si vulnérable, encore fragilisé par de longues années de déficit démocratique et de crises fréquentes. Je mets en garde ceux qui , pour des intérêts immédiats ou des ambitions douteuses veulent liquider les fondements de notre nation, veulent saper l’unité nationale à travers des regroupements à caractère ethnique et régionaliste, des appels à l’épuration ethnique l’alliance de tous pour un est aussi condamnable qu’une coalition de tous contre un , car contraire à notre contrat social et l’intégrité de notre Etat.
J’appelle tous les guinéens pour prévenir le chaos et la division, à s’opposer à tous ceux qui veulent les diviser les braquer, les uns contre les autres en déclenchant des tensions inutiles, en suscitant des fausses tensions entre des communautés parfaitement intégrées.
Ce n’est pas le tout d’aller à des élections, ils nous faut apprendre à vivre sous le règne de la démocratie en nous pliant à ses contraintes.
Entre autre obéissance à la loi , et respect des institutions, pour bénéficier des opportunités qu’elle offre, la pleine jouissance de nos droits civiques et politique… nous ne voulons pas la Guinée des lendemains d’élections entachées de graves troubles à l’ordre public et de violence meurtrière.
La démocratie doit faire notre bonheur et non pas nous conduire à un grand malheur.
Elle doit nous permettre d’avancer et non de reculer, de parvenir à un Etat démocratique et stable au service du développement.
La démocratie ne doit pas rompre l’équilibre de notre nation pour favoriser l’instauration d’un Etat sauvage où règnent l’anarchie et l’arbitraire, un climat de chasse aux sorcières .
Je demande à chacun d’œuvrer pour la paix, l’unité du pays en se gardant de tout repli identitaire et communautariste.
Il n’est pas question que la Guinée soit prise en otage ou qu’elle soit ingouvernable parce certaines ambitions seraient déçues.
A l’issu des élections, un seul candidat, un citoyen guinéen sera élu pour présider aux destinées de la Guinée. Au tour de lui se fera l’unité de la Guinée, l’union des guinéens si nous voulons enraciner la démocratie et contribuer dès maintenant à l’émergence d’un Etat imprégné de certaines valeurs, la justice sociale, la sécurité des biens et des personnes afin de faire le bonheur pour tous et la postérité de chacun.
Pour ma part, je n’ai j’aimais eu la prétention d’être surhomme capable de miracles.
Je me considère comme un homme, qui avec d’autres, rêvent d’un destin pour notre pays.
Si on considère que je veux être un obstacle ou moi-même éprouve le sentiment d’être isolé dans mon combat, d’avoir perdu la confiance des uns et des autres, je ne forcerai rien pour ne pas aller à une confrontation de plus avec son cortège de malheur ; je m’en irai.
Je n’ai jamais cherché le pouvoir, il ne m’est jamais venu à l’esprit de la garder ou de le transmettre à quelqu’un en lieu et place du peuple dont la volonté s’exprimera dans les urnes pour déterminer qui me succédera.
Le pouvoir n’a jamais été pour moi un but ; c’est par la force du destin et par la volonté de Dieu que je me retrouve aujourd’hui au sommet de l’Etat guinéen.
C’est par un accident de l’histoire que je me trouve la où je suis. L’armée m’a appris le sens du devoir et l’honneur qui m’anime encore dans la mission que j’ai accomplie.
Mais chacun doit comprendre que nous sommes unis pour le meilleur.
Je n’attendrais pas encore le pire pour encore verser des larmes et le sang de nos compatriotes. »
Mody sory diallo pour barkere.net
