Tuesday, September 07, 2010

Nouvelles brèves

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Quand les Guinéens divorceront avec les vilaines habitudes, nous pourrons enfin prendre le vrai chemin de la démocratie et du développement.

Quand les Guinéens divorceront avec les vilaines habitudes, nous pourrons enfin prendre le vrai chemin de la démocratie et du développement.

(Audio disponible dans la suite de l'article)

« En 50 ans, c'est la première fois que la Guinée va à des élections libres et transparentes », disait dans la matinée de la journée électorale le président de la transition, le Général Sékouba Konaté.

Comme on s’y attendait déjà, le dimanche 27 juin 2010, les Guinéens ont massivement participé à la première élection libre depuis l'indépendance en 1958.

Un scrutin plein d’espoir puisqu’il était l’aboutissement d’un long processus devant permettre à la Guinée de prendre enfin le chemin de la démocratie et du développement.

Tôt le matin, les citoyens ont afflué par petits groupes vers les bureaux de vote, ouverts peu après 07H00 GMT. L’autre élément marquant de ce scrutin, est bien le fait que les bureaux de vote ont commencé à fermer à partir de 18H00, sans qu'aucun trouble ni violence majeur n'ait été signalé.

Pour Ecouter, appuyer ci-dessous

Mais si cette élection a brillé par la liberté que les uns et les autres ont eu à présenter des candidatures et à voter, il faut noter qu’elle a été marquée par de graves violations de la loi électorale, une fraude sans précédent et des scénarios inimaginables affectant sa transparence.

En voici l’illustration :

Avant le scrutin

 - Des rajouts injustifiés ont été constatés sur les listings entrainant des différences par endroits entre les listings communiqués par la CENI aux partis et ceux des bureaux de vote ;

- De fausses cartes d’électeurs ont été confectionnées en vue de préparer la fraude électorale.

 

Le jour du scrutin

 - En violation de l’article 64 du code électoral, des bureaux de vote ont été installés en des lieux de culte avec souvent des indicateurs cachés dans l’isoloir ;

- Des bureaux de vote ont été déplacés sans que les électeurs ne soient informés du nouvel emplacement ;

- Des bureaux de vote sont restés fermés, empêchant ainsi de nombreux citoyens d’accomplir leur devoir civique ;

- En dépit du fait qu’ils ne figuraient pas sur la liste d’émargement, des personnes ont voté avec de fausses cartes d’électeurs et des récépissés non valides pendant que d’autres l’ont fait avec des procurations non légalisées par la CENI comme le demande la loi ;

 

Après le scrutin

 - La CENI a empêché les radios privées de continuer à donner les tendances des résultats pour chaque bureau de vote puisqu’elles permettaient à tout le peuple de Guinée de connaître en temps réel et en toute transparence la position de tous les candidats : elle savait ce qu’elle préparait ;

- La CENI a laissé continuer à travailler en son sein, un informaticien de l’OIF qui avait pourtant été pris en flagrant délit de manipulations de chiffres : l’information est vérifiable ;

- La CENI, a confirmé l’annulation des bulletins de vote où des électeurs avait coché sur la photo d’un candidat, alors qu’elle-même l’avait déclaré possible ; or, le traitement n’a pas été le même pour ceux qui étaient destinés à un autre candidat ;

- La CENI a validé les résultats de bureaux de vote où le nombre de votants était 4 fois supérieur à celui des inscrits (exemples : le bureau de vote n°349 de la commune de Ratoma qui a enregistré 489 votants alors qu’elle n’a que 43 inscrits sur le listing ; le bureau de vote n°58 de Koundara avec 157 inscrits sur le listing a enregistré 829 votants) ;

- La CENI a par exemple validé les résultats du bureau de vote 325 de Siguiri dont le Président s’était déplacé avec des urnes qu’il n’a ramené que 48h plus tard et bien pleines ;

- Contrairement à la législation électorale, la CENI a validé les résultats de toutes les fiches de la Haute-Guinée qui n’étaient soit pas signées des membres des bureaux de vote, soit pas signées du magistrat de la Cour Suprême, soit non conformes au modèle règlementaire ;

- La CENI est allé jusqu’à valider des résultats qui lui sont parvenus dans des enveloppes déjà ouvertes ou souvent même dans des sachets plastiques alors qu’elle avait fourni des enveloppes sécurisées pour leur acheminement ;

- Au mépris de l’article 162 loi électorale, la CENI n’a pas daigné publier les résultats par circonscription et pire n’a dressé aucun PV de récapitulation générale pour communiquer les résultats provisoires à la Cour Suprême. Son Président, Mr Ben S. Sylla a pris une décision qu’il a signée unilatéralement alors que la loi lui imposait, pour la circonstance, de rédiger un PV de récapitulation générale des résultats provisoires de toutes les préfectures qui serait signé de tous les membres de la CENI et transmis à la Cour Suprême.

Au regard de ces graves irrégularités, la Cour Suprême devrait, en principe, annuler les résultats de l’élection présidentielle du 27 juin 2010 : la loi peut être dure mais elle reste tout de même la loi.

Mais si la situation socio-économique de la Guinée nous oblige à mettre en place un Gouvernement civil le plus rapidement possible et rend inopportune cette option, il faut tout de même que les Guinéens apprennent à s’éloigner de la démagogie et du faux.

Quand allons-nous divorcer d’avec nos vilaines habitudes pour enfin prendre le chemin de la vérité, de la démocratie et du développement ?

Comment pourrions-nous construire une nouvelle Guinée avec un soubassement fait de conspiration à forte dose ethnique, de faux et de fraude, de démagogie et de corruption ?

En tant que peuple, nous avons souvent manqué de vigilance sur notre parcours : cela a fait de notre cher pays, celui des occasions ratées.

Que l’on ne se leurre pas. Notre chère Guinée est une terre à qui la nature a tout donné. Et si elle est encore dans cet état, c’est bien à cause du manque de patriotisme, de l’égoïsme et du comportement alimentaire de certains de ses fils.

L’élection présidentielle du 27 juin 2010 était pour la Guinée une alternative crédible pour enfin permettre aux Guinéens de choisir un fils du pays qui pourrait rassembler tous ses frères et sœurs et les conduire vers un développement rapide et durable.

Mais par la faute des esprits malsains voulant conquérir le pouvoir par la fraude, nous sommes encore en train de mal négocier un virage aussi important pour notre destin commun.

Pire ! Ils veulent que les Guinéens qui ont voté et qui savent pour qui ils ont voté la ferme et avalent une pilule aussi grosse. Ils veulent même arracher au peuple son droit de manifester et de contester des résultats avec lesquels il n’est pas d’accord. Or, il est d’ordre universel que les résultats d’une élection ne peuvent être acceptés que quand ils sont crédibles. Et ce n’est pas le cas pour cette élection.

S’il faut déplorer les injures proférer à l’égard du Président de la Transition, il faut aussi que des personnes qui ont dirigé le mouvement syndical sous le feu Général Lansana Conté, bravé différentes interdictions de manifester et emmener de nombreux jeunes Guinéens à l’abattoir, arrêtent de nous distraire et se distinguer par la démagogie en sonnant le clairon pour une simple manifestation des femmes qui ne se sont nullement rendues coupables d’actes de vandalisme.

 Ces femmes, fatiguées de supporter le coût élevé de la vie, ont cru en ces élections et sont aller voter. Malheureusement, elles ont été déçues par le déroulement de cette dernière. Et personne ne leur a demandé de sortir manifester. Il faut que nous osions nous regarder en face et nous dire la vérité. Cette élection a été une vraie pagaille et tout le monde le sait.

Aujourd’hui, pour des intérêts ethniques non avoués, des personnes cachées derrière des partis politiques et leurs fonctions dans la haute administration veulent faire taire le sujet en braquant le peuple contre un seul leader dont on connait pourtant les vertus et la grandeur. Il n’est nullement de l’éducation et de la culture de ce dernier d’être insolent ou violent. Il ne peut donc entrainer ses compatriotes vers l’insolence et la violence.

Les habitués de la violence, nous les connaissons tous. Et si par extraordinaire la Cour Suprême venait à confirmer les résultats provisoires de la CENI, des deux candidats en lice pour le 2nd tour, il n’y aura qu’un et un seul gagnant.

Mais puisque chacun a son tour chez le coiffeur, alors que les mouches de la contestation ne nous tympanisent pas après le scrutin : que ceux qui refusent qu’on en parle aujourd’hui n’en parle pas demain.

Il faut que les Guinéens se ressaisissent et observent de façon objective l’enjeu politique, social et économique de cette élection car, si nous ratons ce nouveau départ, nous ne devrons pas nous étonner de ce qu’il adviendra plus tard…et que personne ne vienne exprimer des regrets.

Pour le moment, les regards sont tournés vers la Cour Suprême qui a reçu les différentes requêtes aux fins de contestation des résultats provisoires publiés par la CENI.

Nous osons croire que pour le bonheur de la Guinée, elle prendra ses responsabilités et dira le droit en toute indépendance puisque c’est seulement et seulement quand les Guinéens divorceront avec les vilaines habitudes, nous pourrons enfin prendre le vrai chemin de la démocratie et développement.

T I Z.

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